Comprendre la différence entre TRS et TRG pour optimiser votre production
Découvrez les distinctions entre le TRS, le TRG et le TRE, trois KPIs essentiels pour optimiser votre production manufacturière et justifier vos investissements en amélioration continue.
Introduction
L'industrie manufacturière est un secteur qui doit perpétuellement se renouveler et s'optimiser pour rester compétitif, surtout sur les marchés nord-américains. On entend souvent parler du TRS et du TRG comme mesures pour quantifier l'optimisation d'une usine ou d'un plan de production. Dans un environnement de pénurie de main-d'œuvre et de déficits de productivité par rapport aux différents marchés canadiens et américains, la maîtrise de ces indicateurs clés de performance (KPI) est essentielle pour la survie des entreprises.
Cet article a pour but de déconstruire les mécanismes et la raison d'être de ces KPI. Pas seulement sous leur notation mathématique, mais également sous leurs aspects opérationnels et stratégiques. Nous analyserons et expliquerons les distinctions conceptuelles et les implications financières de ces métriques.
Distinctions conceptuelles entre le TRS et le TRG
Le TRS (Taux de Rendement Synthétique) peut être défini comme l'indicateur de la pureté opérationnelle. C'est un indicateur basé sur le temps durant lequel la compagnie décide de faire fonctionner ses équipements. On analyse donc l'exécution de la stratégie de planification et non la stratégie en soi.
Le TRS fonctionne comme une série de trois tamis successifs qui filtrent les pertes opérationnelles à chacune des étapes.
La formule du premier tamis, la (D)isponibilité se lit de cette façon : D = Temps de fonctionnement / Temps requis.
Avec cette formule, on analyse la disponibilité des machines. Les pannes, réglages trop longs et manque de matière lors de la production vont tous venir impacter négativement le taux de rendement. On analyse la disponibilité des machines en dehors des arrêts planifiés.
La formule du deuxième tamis, la (P)erformance se lit de cette façon : P = Production réelle / Production théorique.
Avec cette formule, on analyse la performance des machines. Les micro-arrêts, ralentissement, fonctionnement à vide, sous-vitesse par rapport aux valeurs théoriques vont tous impacter négativement le taux de rendement.
La formule du troisième tamis, la (Q)ualité se lit de cette façon : Q = Nombre de bonnes pièces / Nombre de pièces produites.
Avec cette formule, on analyse la qualité des produits. Les pièces rebutées, les pièces qui doivent être retouchées, ainsi que les déchets de démarrage vont venir impacter négativement le taux de rendement.
La formule du TRS se lit donc : TRS = Taux de disponibilité x Taux de performance x Taux de qualité.
En résumé, on peut avoir un excellent TRS tout en ayant une production très faible, si le volume planifié était bas au départ.
Une des données les plus négligées dans ce calcul est celle de la performance. Sans accès à des données fiables sur la production, elle est difficile à calculer. Par exemple, si un équipement fonctionne à 80 % de sa vitesse ou subit des micro-arrêts non (ou mal) notés, le taux ne sera pas affecté, ce qui faussera le calcul du TRS.
Le TRG : une vue d'ensemble
Le TRG ou Taux de Rendement Global (OOE en anglais), est un KPI plus large que le TRS. C'est un peu comme si on regardait le TRS avec une vue panoramique.
On intègre au calcul les temps d'arrêts qu'on a choisi de planifier, en plus des temps d'arrêts non prévus. Cet indicateur juge donc non seulement l'exécution d'une planification, mais la planification en elle-même. Si un quart de travail de 8 h comprend 1 h pour le dîner et 1 h pour la maintenance préventive, son temps requis devient 6 h. Avec le TRS, on peut être à 100 % dans ce scénario; le TRG, cependant, ne sera qu'à 75 %.
C'est avec ce KPI qu'on justifie l'implémentation de projets SMED (Single Minute Exchange of Die) pour réduire drastiquement le temps de changement entre deux séries de production.
L'indicateur ultime : le TRE
L'avalanche d'acronymes ne serait pas aussi délectable si on n'en ajoutait pas au moins un de plus : le TRE (Taux de Rendement Économique). Le TRE est l'indicateur ultime de l'utilisation des actifs d'une usine.
On ne se contente plus de calculer les indicateurs sur les heures de production et d'ouverture, mais sur un calendrier annuel complet. Ce KPI vient mesurer les capacités cachées des usines; il est d'ailleurs souvent appelé « l'indicateur de l'usine fantôme ».
Par exemple, une usine fonctionnant sur un seul quart de travail de 8 h par jour, 5 jours par semaine, avec un TRS de 100 %, obtiendrait seulement un TRE de 23,8 %. Cela signifie que plus de 76 % de la capacité théorique de l'usine est inexploitée. Cet indicateur intéresse généralement les CFO, les investisseurs et les décideurs dans l'attribution de subventions.
En résumé
En résumé, le TRS se base sur le temps requis (celui planifié par la gestion) et inclut les pertes comme les pannes, les ralentissements et les défauts.
La question à se poser : Produisons-nous bien quand nous décidons de produire?
Le TRG, lui, se base sur le temps d'ouverture de l'usine, donc tous les quarts de travail. On inclut toutes les pertes du TRS, en y ajoutant les maintenances préventives, les réglages (setups) et les pauses.
La question à se poser : Optimisons-nous notre production lors des heures d'ouverture?
Le TRE, lui, se base sur l'entièreté du calendrier (24/7, 365 jours par an). On y inclut toutes les pertes précédentes, plus les heures de fermeture, les jours fériés et les vacances.
La question à se poser : Rentabilisons-nous nos actifs immobilisés?
Dans un futur article, nous aborderons le potentiel perdu et hypothétique, ainsi que les stratégies d'optimisation de ces KPI.
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